Agoraphobie et épanouissement social, ou la déprime de la mère de famille.

Publié le par lecabinetdecuriositedemadamem

 

Tout le monde s'accorde pour dire que les enfants désocialisent leurs parents. Je me le suis juré, ça ne m'arrivera pas ! Tout le monde sait que je suis capable de parler à une chèvre avec un chapeau.

Après la naissance de Lucy-Fer, ça a été difficile, mais avec la reprise du boulot, j'ai réussi à casé des déjeuners entre copines et même des séances ciné entre filles. Avec Monsieur L, on s'est ménagé du temps, pour le cinéma et pour quelques sorties avec les copains.

Bien entendu quelques potes sont sortis de notre entourage. J'ai des nouvelle par Facebook. Mais je ne perds pas espoir.

 

Puis Déci-Belle est arrivée. Cela fait six mois maintenant, je ne vais pas reprendre le boulot, pour des raisons pratiques et financières. Je me suis encrouté tout l'hiver. A part un anniversaire, le mariage d'un copain, le concert de ZZ top et un déjeuner avec ma tante dans Paris, je ne suis quasiment pas sortie de chez moi. Difficile de se déplacé en transport avec deux enfants dans un char d'assaut, sans compté mes scrupules à laisser l'homme se débrouillé -comme un chef- de la descendance. Résultat, je vois ma famille, ma belle famille et c'est tout. Il y a toujours nos sortie cinés en amoureux, mais cela reste un huit clos.

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je vous ai dit qu'on aime le ciné ?

 

Aussi lorsque les "Mauvaises mères" ont proposé une rencontre avec leur lectrices à l'occasion de la sortie de "Mères indignes", je me suis dit chouette alors ! J'ai avisé l'homme, pour qu'il m'accompagne. Problème numéro un, j'ai peur de sortir seule, c'est nouveau. Malheureusement les mioches ne boivent pas de champagne, donc il doivent resté à la maison. Monsieur L est d'accord pour jouer les Super Nanny. Mais je ne veux toujours pas y allé seule. Je fais un petit mail à ma tante et une de mes belle soeur pour leur proposé une soirée sympa en perspective. A la nuit tombé (je rappelle qu'elle porte conseil hein...) je réalise que je suis ridicule, pourquoi ne pas vouloir y aller seule ? Je me donne un joli coup de pieds au cul mental et décide que j'irais seule si personne n'est dispo. Au final, ma tante trouve qu'elle à passé l'age, mais Madame E ma belle soeur est d'accord.

 

Après organisation, me voilà dans le train pour Paris, "les mauvaises mères" en main pour passé le temps et me fendre la poire. Gare Saint Lazare, je maitrise, direction la ligne 14, je serais un peu juste en temps mais ça devrais aller. Dans le ligne 7 une petite boule se fait sentir, elle est la au creux de mon estomac, elle s'épanouie au fur et à mesure qu'on se rapproche du lieu de rendez-vous. Poissonnière, je descends, la boule se fait géante. Mais qu'es ce qu'il m'arrive ? Je me sens comme un lycéenne avant un oral. J'appelle Madame E. pour un check, si elle est déjà sur place, ça ira peut-être mieux. Couille de bouc ! c'est le répondeur. je laisse un message tout en sortant de la station de métro. Elle me rappelle dans la seconde.

-t'es où ? je suis presque arrivée moi.

-àPyramide, je vais être un peu à la bourre.

-Ok on se retrouve sur place alors ?

-Ouais.

-à tute.

 

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mes précieux...

 

Et c'est avec une boule de taille d'une pastèque que je me dirige vers le lieu de rendez-vous. Je me fais peur, même pour mes oraux d'exams j'ai jamais eu aussi peur, c'est fou d'être comme ça.

 

Sur place, je fais partie des premières. Après un bonjour timide, je tente de me découvrir. c'est fou ce que j'ai chaud. Je dois être toute rouge...la honte. La fermeture de mon gilet est bloquée, je lutte avec et fini par l'oter comme un pull... re-la honte.

Je guette la porte avec ma pastèque. De temps en temps je souris nerveusement à une nouvelle arrivante. Je dois avoir l'air cruche, debout absorbée par la porte. Pour varié, je zieute les jouets de la boutique. Madame E arrive. la boule rétrécie, elle passe en mode pamplemousse. Madame E est joviale, ça me fait du bien. Madame E est dans la communication ça aide. Elle entame la conversation avec une des auteures. J'arrive à participer. Je me détends. ça papote, ça rigole, ça grignote, ça boit (du soft pour moi je te voit venir lecteur). Je me sens moi à nouveau.

Le débat commence, je suis absorbée. Madame E en a oublié son rendez-vous pour diner. Il faut qu'elle file. Fichtre re-voilà le pamplemousse. Le débat continu et je me botte les fesses mentalement pour intervenir. mes interventions sont timides, limite sussurées dans l'oreille de Nadia, une des auteures assises à coté de moi. Nadia m'entend, elle est même d'accord avec moi, ça m'encourage, le pamplemousse disparait. Le débat se clos, les conversations reprennent. Je papote, je ris, je grignote, je me dis que ça valais le coup de venir. Séance de bavadarges avec les auteures pendant les dédicaces, avec Emma, on en a mis plein la tête à Dora l'exploratrice et aux Telétubbies, avec Johanna c'est les "autres" (les bien pensants) qui ont pris cher et avec Nadia on a tapé sur les troll et les forumeuses guérrières.

 

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mes soupeur dédicasses !

 

 

A la fin de la soirée, j'ai le sourire béa des adolescentes au concert de Justin Bieber et l'impression d'avoir gagné un combat contre moi même. La guerre n'est pas terminée, la phobie sociale ne passera pas par moi.

 

Un grand merci "aux Mauvaises mères" et à "Maman travaille" pour cette initiative, qui avec la péridurale à été le moment fun de mes six derniers mois et qui a probablement sauvé ma vie sociale.

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